Dans le soir qui commence, mon iPod sur les oreilles, en descendant en ville, un mot, une chanson, soudain ton image est revenue... Et avec encore dans le cœur l'odeur de cet autre corps à peine quitté, sur les lèvres le goût salé des siennes, les images se sont mêlées, j'ai laissé mon esprit vagabonder, traverser le ciel et le temps, pour te rejoindre.
Je me suis peut-être trompé. J'aurais peut-être dû savoir, comprendre, accepter.
Tu serais peut-être encore là aujourd'hui.
Mais tu le sais, j'ai eu peur.
Peur d'être trop aimé.
Peur d'étouffer.
Peur de ne pas savoir.
Peur des attentes.
Alors je pense à cette petite maison balayée par les vents, à ce vieux chien stupide qui se traînait dans le couloir, à tes sourires mélancoliques quand tu m'écoutais délirer, à tes cigarettes au goût de menthe, à tes yeux un peu timides qui brillaient, à tes caresses tendres, à cette musique débile qui nous réveillait, à ces cafés bus au soleil dans les grands fauteuils en osier, à nos danses étranges qui parfois choquaient, à nos jeux passionnés sur le tapis de l'entrée, à ces gémissements dans la nuit, à ta tendresse à laquelle je ne savais pas toujours répondre, à ce dernier repas minable sur la terrasse, à cette tonnelle où nous aimions nous retrouver, à ce bout de vie que nous avons partagée...
A ce coup de téléphone dans la nuit, à cette chambre blanche où le silence n'était troublé que par le bruit de la machine, aux larmes de ta mère quand elle m'a dit que je devais décider, au regard de l'infirmière lorsque je lui ai parlée, à tes yeux que je ne pouvais quitter, à cette respiration qui s'essoufflait, à la nuit qui a suivi, à la douleur, à la peur, à l'angoisse, à la larme qui ne voulait pas couler...
Et cette amertume qui reste, ces mots qui se baladent et qui parfois éclatent... Et si je n'avais pas fui, et si...
Et me réchauffer à la chaleur de ton sourire...</font /></span />